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PPRI, PPRT, zonage sismique : le réflexe risques à vérifier avant toute réservation en VEFA

Avant de sécuriser un CRPI, le conseiller doit vérifier le PPRI, le PPRT et le zonage sismique de la commune, pas seulement les clauses du contrat. Ces documents pèsent désormais sur l'assurabilité, la prime et la valeur de revente du bien, avec un impact chiffré depuis 2025.

Rédaction Atris · · 9 min de lecture

Photo : Tobias Wilden / Unsplash

Un contrat de réservation auquel est annexé un état des risques à jour ne suffit pas, à lui seul, à mesurer correctement un risque naturel ou technologique. La clause suspensive, la GFA, le calendrier d'appels de fonds : tout cela sécurise l'opération sur le plan contractuel. L’état des risques apporte une première information sur l’exposition du terrain à une inondation, un aléa industriel ou un risque sismique, mais sa présence en annexe ne dispense pas le conseiller de consulter et d’interpréter les documents publics correspondants, avant de valider l’option commerciale pour son client.

Ce que l’état des risques annexé au contrat ne suffit pas à couvrir Le contrat de réservation informe sur les risques, mais ne les interprète pas

Le contrat préliminaire, couramment appelé contrat de réservation (art. L.261-15 CCH), fixe notamment le prix prévisionnel, la description du lot, le délai d’exécution des travaux et les conditions de renonciation à l’acquisition. Depuis le 1er janvier 2023, il doit également comporter en annexe un état des risques. Celui-ci relève de l’obligation d’information des acquéreurs et des locataires (IAL) et peut notamment être généré à l’aide du service ERRIAL, état des risques réglementés pour l’information des acquéreurs et des locataires, accessible sur Géorisques.

L’état des risques doit être remis au potentiel acquéreur dès la première visite, lorsqu’une telle visite a lieu, puis annexé au contrat préliminaire en VEFA et à l’acte authentique. Il doit dater de moins de six mois et être actualisé si les informations qu’il contient ne sont plus exactes au moment de la signature. Mais une option commerciale peut être posée avant la signature formelle du contrat de réservation. Un client qui optionne un lot sans que le zonage ait été réellement analysé peut donc ne mesurer la portée de l’information qu’au moment de recevoir le contrat et ses annexes.

Trois vérifications majeures à effectuer avant, pas après

Trois zonages figurent parmi les vérifications majeures. Le PPRI (plan de prévention du risque inondation) délimite les zones exposées et les prescriptions de construction associées. Le PPRT (plan de prévention des risques technologiques) encadre les terrains situés dans le périmètre d’un site industriel classé, avec des zones de prescription, voire d’expropriation dans les cas les plus sévères. Le zonage sismique réglementaire, lui, classe chaque commune sur une échelle à cinq niveaux, de la zone 1 (très faible) à la zone 5 (forte), au regard des règles de construction parasismique applicables au programme.

Ces trois vérifications n’épuisent toutefois pas l’analyse. Selon la localisation du programme, l’état des risques peut également comporter des informations relatives aux autres risques naturels, aux risques miniers, au radon, aux secteurs d’information sur les sols, au recul du trait de côte ou aux obligations légales de débroussaillement.

Ces informations sont publiques et gratuites, accessibles via Géorisques. Le réflexe professionnel consiste à les consulter dès l’identification du programme, avant que le client n’optionne, et à documenter cette vérification dans le dossier de conseil.

Pourquoi ce réflexe pèse sur l’assurabilité et la prime La hausse de la surprime CatNat change l’équation économique

Depuis le 1er janvier 2025, le taux de la surprime catastrophe naturelle appliquée aux contrats d’assurance de dommages aux biens est passé de 12 % à 20 %. Pour les contrats automobiles, il est passé de 6 % à 9 % sur les garanties concernées, notamment incendie et vol. Selon les estimations communiquées par France Assureurs, la contribution CatNat annuelle moyenne représente désormais environ 41 euros par foyer, contre 25 euros auparavant, soit une hausse moyenne d’environ 16 euros par an.

Le taux légal de la surprime CatNat reste uniforme sur le territoire : le classement d’un bien en zone PPRI ne majore donc pas, à lui seul, ce taux. En revanche, le montant global de la prime multirisque habitation, les conditions de souscription et l’appétence des assureurs peuvent varier selon l’adresse, l’exposition réelle du bien et la sinistralité constatée. La surprime CatNat concerne par ailleurs les catastrophes naturelles, et non les risques technologiques, qui relèvent d’un régime distinct.

Un client qui investit dans un programme neuf sans avoir mesuré cette exposition peut découvrir le coût réel de l’assurance une fois le bien livré, alors que ce paramètre aurait pu être estimé en amont. Le rôle du conseiller est de l’intégrer dans le calcul de rentabilité dès la phase de réservation, pas après la remise des clés.

RE2020 et zonage risques ne se substituent pas l’un à l’autre

La RE2020, applicable aux permis de construire de logements déposés depuis le 1er janvier 2022, encadre la performance énergétique, environnementale et carbone du bâtiment. Elle ne dit rien du risque naturel ou technologique du terrain. Un logement neuf avec un DPE en A ou B peut très bien être implanté sur une parcelle exposée à un aléa inondation modéré ou situé dans le périmètre d’un PPRT. Les deux grilles de lecture, réglementation de la construction et zonage des risques, sont indépendantes, et le conseiller doit les croiser plutôt que de supposer que l’une couvre l’autre.

Retrouver le statut réglementaire complet d’un lot, RE2020, performance énergétique prévisionnelle, zonage des risques, suppose en pratique d’aller fouiller la documentation transmise par le promoteur : des PDF épars, mis à jour de façon inégale selon les programmes, parfois datés de plusieurs mois avant la commercialisation effective du lot. Au stade de la réservation, le DPE définitif du logement neuf n’est généralement pas encore disponible : il doit être remis par le promoteur au plus tard au moment de la livraison. Toute performance énergétique présentée avant cette échéance doit donc être clairement identifiée comme prévisionnelle.

Dans Atris, les données réglementaires disponibles du programme et du lot sont rattachées à la fiche que vous exploitez déjà. L’information réglementaire est là où le travail se fait, sur la fiche du lot, au lieu d’être à rechercher ailleurs avant chaque conseil.

L’impact sur la valeur de revente et la commercialisation Un bien en zone à risque se revend, mais se négocie différemment

Un logement neuf situé en zone PPRI ou dans le périmètre d’un PPRT n’est pas invendable et ne subit pas automatiquement une décote. Son exposition peut néanmoins peser sur son attractivité, sa liquidité et, selon la nature de l’aléa, l’étage concerné, les travaux de prévention réalisés et la sinistralité constatée, sur son prix de revente. Les contraintes de construction, telles que l’interdiction de certains usages en sous-sol, la surélévation du premier niveau ou la pose de vitrages spécifiques, dépendent du règlement précis du PPRI ou du PPRT applicable au programme.

Pour un CGP qui conseille un investisseur locatif, cet impact potentiel doit être anticipé dans le calcul de rentabilité à la sortie, pas seulement dans le rendement locatif brut affiché au moment de la vente.

Le recul du trait de côte, intégré à l’obligation d’information des acquéreurs et locataires depuis le 1er janvier 2023, illustre bien ce mécanisme : certaines communes littorales voient leur zonage évoluer au fil des révisions de carte, avec des conséquences possibles sur les obligations d’information, les mesures de prévention et l’attractivité des biens concernés. Un changement de zonage n’entraîne toutefois pas automatiquement l’inassurabilité du bien.

La responsabilité se partage, mais ne s’efface pas

Sur le plan de la responsabilité professionnelle, le réservant demeure responsable de la remise et de l’actualisation de l’état des risques au stade du contrat préliminaire. La responsabilité des autres intervenants, commercialisateur, conseiller, agent immobilier ou notaire, dépend de leur mission, de leur statut et des informations dont ils disposaient. L’état des risques peut être établi directement par le vendeur et ne nécessite pas l’intervention d’un diagnostiqueur certifié.

Le CGP n’est pas nécessairement le rédacteur de l’état des risques, mais il conseille le client sur l’opportunité d’investir. À ce titre, le fait d’ignorer une information publique susceptible d’être déterminante pour la décision de son client peut engager, selon les circonstances et l’étendue de sa mission, son devoir d’information ou de conseil. Le notaire, de son côté, doit s’assurer que l’état des risques est bien annexé à l’acte authentique, tandis que le réservant ou le vendeur doit veiller à son actualisation si le zonage évolue entre le contrat préliminaire et l’acte authentique.

Ce que cela change dans la conversation avec le client

Un investisseur qui comprend, dès l’option, qu’un bien est situé en zone sismique 3 ou en périphérie d’un PPRT n’est pas un client perdu. C’est un client informé, qui accepte le risque en connaissance de cause ou qui réoriente son choix vers un autre programme. La transparence sur ce point renforce la crédibilité du conseiller, surtout face à des clients qui, eux, consulteront Géorisques de leur propre initiative avant la signature de l’acte.

Ce qu’il faut vérifier avant de valider une option

Trois points méritent d’être formalisés dans le dossier de conseil, avant que le client n’optionne un lot. D’abord, la consultation de l’état des risques via Géorisques pour la parcelle exacte du programme, pas seulement pour la commune en général, ainsi que la lecture des règlements des plans de prévention applicables. Ensuite, la vérification des prescriptions de construction imposées au programme, notamment les éventuelles règles parasismiques ou mesures de prévention prévues par un PPRI ou un PPRT, que le promoteur doit pouvoir justifier. Enfin, une estimation actualisée de la prime d’assurance attendue, en tenant compte de la surprime CatNat en vigueur et des caractéristiques précises du bien, pour intégrer ce paramètre dans le calcul de rentabilité présenté au client.

Ce triptyque ne remplace pas les clauses suspensives classiques du contrat de réservation. Il complète la remise formelle de l’état des risques par une vérification active et une analyse concrète de ses conséquences avant l’option.

Conclusion

Consulter l’état des risques, les règlements du PPRI ou du PPRT applicables et le zonage sismique avant de valider une option représente une étape limitée au regard du gain obtenu en matière de conseil et de protection du client. Ce réflexe s’inscrit dans le même mouvement que la vérification du délai de rétractation SRU ou la lecture attentive du calendrier d’appels de fonds : une vigilance qui distingue un dossier bien tenu d’un dossier exposé. À intégrer, désormais, dans toute check-list de réservation en VEFA.

Questions fréquentes

Le PPRI d'une commune s'applique-t-il forcément à tous les programmes neufs qui y sont construits ?
Non. Le PPRI délimite des zones précises à l'intérieur d'une commune, avec des prescriptions différentes selon la parcelle. Il faut vérifier le zonage à l'adresse exacte du programme, pas seulement le statut général de la ville, via l'ERRIAL sur Géorisques.
Un bien situé en zone PPRT ou PPRI est-il toujours assurable ?
Dans la grande majorité des cas oui, mais avec une prime ajustée, notamment depuis la hausse de la surprime catastrophe naturelle au 1er janvier 2025 (de 12 % à 20 % pour les contrats multirisque habitation, selon France Assureurs). Un refus d'assurance reste rare mais possible dans les zones les plus exposées, à vérifier au cas par cas avec l'assureur.
Qui doit fournir l'état des risques (ERRIAL) sur un programme neuf ?
L'obligation incombe au vendeur, ici le promoteur, qui doit l'annexer à la promesse de vente ou à l'acte authentique. Le conseiller et le notaire ont intérêt à vérifier eux-mêmes sa validité et son actualité, le zonage pouvant évoluer entre le CRPI et l'acte.
Le zonage sismique change-t-il le prix de construction d'un logement neuf ?
Oui, indirectement. Les zones sismiques 3 à 5 imposent des règles de construction parasismique renforcées, que le promoteur intègre dans son coût de construction. Cela ne se traduit pas systématiquement par un surcoût visible pour le réservataire, mais influence la conception technique du bâtiment.
Faut-il refuser de conseiller un investissement dans une zone à risque ?
Non, ce n'est pas l'objectif. Le rôle du conseiller est d'informer le client de l'exposition réelle du bien et de son impact sur la prime d'assurance et la valeur de revente, pour une décision éclairée, pas d'exclure systématiquement ces zones qui peuvent rester pertinentes selon le profil et l'horizon de l'investisseur.

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